Les effets du confinement sur la qualité de l'air


Le 23 avril 2020 à 10h59 

Mercredi 22 avril, ATMO Grand Est (Association pour la surveillance de la qualité de l'air dans la région Grand Est) a tenu une visioconférence de presse, présidée par Jean François Husson, Président de l'association, pour dresser un bilan de l'évolution de la qualité de l'air depuis le 17 mars.

Sur le Dioxyde d'Azote
Le dioxyde d’azote est un gaz principalement émis lors de combustions.
En Meuse on constate une baisse de 27% des émissions dioxydes d’azote pendant le confinement (depuis le 17 mars).
Le trafic routier a fortement baissé sur la région et en Meuse depuis la mise en place du confinement, principal responsable (pour 51%) des émissions de dioxyde d’azote.
Les stations de mesures d’ATMO Grand Est ont observé une baisse des concentrations en dioxyde d’azote dans l’air entre le 16 mars et le 22 mars dernier, accentuées par la levée du vent le 20 mars.
Les stations rurales sont plus faiblement impactées par une baisse des concentrations.

Exemple à Belleville-sur-Meuse
Afin de visualiser différemment l’impact possible du confinement sur les concentrations en dioxyde d’azote dans l’air, ATMO Grand Est a réalisé des profils journaliers de concentrations (voir ci dessous),
sur :
- les concentrations mesurées du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2019 (en bleu sur les graphiques ci-après) – une grande période est prise pour lisser l’effet de la météorologie ;
- les concentrations mesurées sur les mois de mars 2015 à 2019 (en orange) ;
- les concentrations mesurées depuis le début du confinement, du 16 mars au 20 avril
(en gris).

On constate que les niveaux sont plus bas sur la période correspondant au confinement

Sur l'Ozone
L’ozone est un polluant secondaire, qui se forme par réaction chimique dans l’atmosphère. Ses précurseurs sont les oxydes d’azote (Nox) et les composés organiques volatils (COV).
Or, les émissions de ces précurseurs ont diminué sur la période de confinement (-29% pour l'oxyde d'Azote et -13% pour les composés organiques volatils)
Ainsi, malgré la diminution des précurseurs, les concentrations en ozone sont élevées.
En effet, les réactions de production d’ozone sont complexes et dépendent notamment de la température et du rayonnement solaire. Or les températures sont dans la moyenne haute des 10 dernières années et le rayonnement solaire maximal.


L'une des hypothèses c'est aussi la diminution du trafic aérien ( disparition des trainées de condensation et de gaz laissées par les avions à réaction amoindrissant le phénomène “d'obscurcissement”) et des activités anthropiques qui pourraient être à l'origine de cette situation.

Sur les particules fines (PM10)
On constate une très légère baisse (-4%) pour le département de la Meuse pour la période du confinement. Une baisse très légère liés nottament au condition météorologique durant cette période (sec, températures élevés en journée..) les particules PM10 ne sont pas majoritairement émises par le trafic routier. Sur le Grand Est, 43% des particules sont émises par l’agriculture et 33% par le résidentiel et le tertiaire. Le trafic routier n’est quant à lui responsable que de 8% des émissions de particules PM10 du Grand Est.
A ces particules primaires s’ajoutent des particules dites secondaires, issues de réactions chimiques entre le dioxyde d’azote (majoritairement issu de trafic routier) et l’ammoniac (issu des épandages agricoles et de la microbiologie des sols).

Sur l'évolution des émissions de polluants et des consommations d'énergie.
Des baisses conséquente sont observés
Une baisse de 18% des émissions de gaz à effet de serre
Une baisse de 26% des consommations d'énergie
On constate, même si il y a une baisse cela reste au-dessus des objectifs fixé d'ici 2030 par le SRADDET (Schéma Régional d'Aménagement, de Développement Durable et d'Egalité des Territoires).

Radioactivité : Au sujet des incendies en Ukraine
Aucun impact en Lorraine.
Aucun impact sur, le niveau de rayonnement gamma ambiant, le niveau de bêta artificiel (considéré comme étant du Césium 137) et le niveau d’Iode 131.

Allergie 
En cas de survenue de problèmes respiratoires chez les personnes qui se savent allergiques, la Fédération française d’allergologie appelle les patients à bien évaluer la nature des symptômes ressentis et à ne penser au COVID-19 que si ces derniers sont différents de ceux habituellement ressentis. Certains sujets allergiques ignorent qu’ils le sont, il convient donc par mesure de précaution d’adopter quelques bons gestes.
Les pollens responsables du risque allergique actuellement en Meuse sont ceux principalement du bouleau, avec un risque allergique moyen à élevé.

La pollution un facteur aggravant du coronavirus?
Une exposition chronique à la pollution de l’air est un facteur aggravant des impacts sanitaires lors de la contagion par le COVID-19
La pollution de l'air fragilise les voies respiratoires et rend les organismes plus vulnérables.
Une exposition chronique à la pollution de l’air, qui peut être à l'origine de nombreuses affections (inflammation des voies respiratoires, hypertension, diabètes…) , est considérée comme facteur aggravant des impacts lors de la contagion par le COVID-19.

Une propagation du virus favorisée par des particules dans l'air?
Une étude italienne publiée le 17 mars 2020 laisse entendre que la pollution atmosphérique par les particules fines pourrait contribuer à la propagation du COVID-19. Les aérosols pouvant constituer un milieu favorable à la survie du virus et à son transport dans l’air à des distances supérieures à celles retenue comme première mesure de sécurité et augmentant ainsi le taux de contamination dans les zones polluées.
Cependant, si les corrélations entre pollutions de l’air par les particules et prévalence de la maladie sont bien avérées, aucun lien de cause à effet n’a encore été démontré entre pollution par les particules et dissémination du virus. C’est ce qu’ont tenu à rappeler des spécialistes italiens des aérosols (IAS) le 20 mars 2020 dans une contribution qui fait suite au débat sur la  relation entre la pollution atmosphérique par les particules et la propagation du COVID-19.
Il n’existe pas d’études prouvant une transmission interhumaine du virus par des aérosols sur de longues distances. Néanmoins, s’il existe, ce mode de transmission n’est pas le mode de transmission majoritaire.
Atmo France encourage la poursuite des études de recherche sur ce sujet pour confirmer ou infirmer à cette heure que les particules atmosphériques agissent comme vecteur de propagation longue distance du virus COVID-19 sous sa forme contaminante.

Crédits photo: ATMO Grand Est et Pixabay