Manifestation interdite à Bure : Les occupants de la gare de Luméville ont quitté les lieux

Manifestation interdite à Bure : Les occupants de la gare de Luméville ont quitté les lieux.  

> Mis à jour du 20 avril 2026 à 23h00:

Les occupants de l’ancienne gare de Luméville-en-Ornois ont quitté les lieux après la manifestation. Avant leur départ, ils ont incendié des barricades ainsi que plusieurs zones du site.

Un périmètre de sécurité de 500 mètres a été instauré en raison de risques importants : incendies, débris, structures fragilisées et présence de bouteilles de gaz. L’accès reste interdit pour permettre la sécurisation des lieux.

Une vérification effectuée par la gendarmerie, en présence d’un huissier mandaté par ANDRA, a confirmé le départ des occupants. Le site, propriété de l’ANDRA, est désormais entièrement libéré.

Des opérations de nettoyage et de sécurisation sont en cours, tandis qu’un dispositif de gendarmerie reste mobilisé. Le préfet Xavier Delarue salue l’engagement des forces de l’ordre et rappelle que l’accès au site demeure strictement interdit.

> Mis en ligne le 20 Avril 2026 à 11h25

Ce dimanche 19 avril 2026, une manifestation d’opposants au projet Cigéo d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure s’est tenue malgré une interdiction préfectorale. À l’appel de plusieurs collectifs, dont la Coordination Stop Cigéo et le CEDRA 52, environ 85 personnes se sont rassemblées dans le secteur de l’ancienne gare de Luméville-en-Ornois.

Dans le cadre de la semaine de mobilisation intitulée « Faisons dérailler l’expulsion – La Gare prend sa revanche », ce rassemblement n’avait pas fait l’objet d’une déclaration préalable. En conséquence, Xavier Delarue avait pris un arrêté d’interdiction, invoquant l’absence de garanties suffisantes pour assurer la sécurité des personnes et des biens.

Malgré cela, les participants ont maintenu leur mobilisation, entamant une marche entre l’ancienne gare de Luméville et la commune de Mandres-en-Barrois. Selon plusieurs sources, le cortège s’est déroulé dans le calme jusqu’à son point d’arrivée.

En amont, un important dispositif de sécurité avait été déployé par les forces de l’ordre. Des contrôles préventifs ont permis la saisie d’objets pouvant être utilisés comme armes par destination, notamment des boules de pétanque, ainsi que d’équipements de protection comme des masques à gaz et des lunettes de protection.

Parallèlement, des individus vêtus de noir et dissimulant leur visage ont érigé des barricades sur la RD138, à proximité du site de Luméville, à l’aide de structures métalliques, d’épaves et de pneus. La chaussée a été endommagée, notamment par des actes de dégradation à la pioche. La présence de bouteilles de gaz à proximité de ces barricades incendiées a suscité de vives inquiétudes quant aux risques d’explosion.

Face à cette situation, un tronçon de la RD138 a été fermé à la circulation, tandis que des déviations ont été mises en place. Les opérations de remise en état, confiées au Conseil départemental, devraient nécessiter plusieurs jours.

À l’issue de la dispersion du cortège, des incendies ont été déclenchés sur les barricades ainsi qu’à l’intérieur du site de l’ancienne gare. Les forces de l’ordre, mobilisées pour sécuriser les lieux et dégager la voie, ont procédé à l’évacuation des principaux obstacles.

Compte tenu des risques persistants — incendies, structures instables, débris et objets dangereux — un périmètre de sécurité de 500 mètres a été instauré autour du site jusqu’au 23 avril à 8 heures. Cette mesure vise à permettre l’intervention des services spécialisés dans des conditions de sécurité optimales.

Dans un communiqué, Xavier Delarue a condamné « avec la plus grande fermeté » les dégradations commises et salué « le professionnalisme et l’engagement des forces de l’ordre ».

De leur côté, les collectifs d’opposants dénoncent une montée des tensions qu’ils attribuent à l’État et à ANDRA, évoquant notamment les procédures d’expropriation liées au projet.

Ce nouvel épisode illustre une fois encore la forte opposition que suscite le projet Cigéo dans le Sud meusien, dans un contexte marqué par des tensions récurrentes entre militants et autorités.