Restitution d’une œuvre volée au Musée Barrois

23 juillet 2021 - 351 vues

Cette semaine dans votre chronique au cœur de l’agglomération Bar Le Duc Sud Meuse.... 

C’est un événement exceptionnel que vit le Musée barrois : un objet de ses collections, volé il y a plusieurs années, lui est aujourd’hui restitué.

Retour sur une enquête digne des meilleurs romans policiers…

Le 22 septembre 2020, les agents du musée sont alertés par plusieurs érudits et l’OCBC (office central de lutte contre le trafic de biens culturels) qu’un sabre ayant appartenu au général Étienne Radet, don de la ville de Solingen, entré dans les collections du musée de Bar-le-Duc en 1864, serait mis en vente à Vernon (27) le samedi suivant, 26 septembre.

En 1985, un important vol survenu au Musée barrois occasionnait la disparition de 147 armes exposées. Le conservateur avait alors constaté la disparition de l’épée du général Radet, également donnée en 1864. En revanche, le sabre ne figurait pas dans la liste du procès-verbal de dépôt de plainte. Le récolement des armes n'ayant pas été effectué depuis 30 ans, il était supposé être conservé dans les réserves du musée jusqu’au 22 septembre 2020.

Dans l'urgence, une vérification y a été menée : le sabre ne s’y trouvait pas. En l’attente de recherches approfondies, la vente du sabre a donc été stoppée.

Ont suivi plusieurs semaines de recherches en archives, auprès de spécialistes et auprès de musées partenaires, musée de l’Armée et musée de la Gendarmerie de Meaux. L’apport de ce dernier fut décisif : une description extrêmement précise du sabre, établie en 1972 au moment de l’exposition Maréchaussée et gendarmerie, huit siècles d’histoire à l’hôtel des Invalides, pour laquelle le sabre avait été prêté. Ajouté au fait que l’existence de plusieurs sabres portant la mention « La ville de Solingen au général Radet » est fort improbable, les démarches ont été faites auprès du ministère de la Culture pour engager une demande de restitution.

Cet événement exceptionnel montre tout l’intérêt des réseaux de musées mais aussi de la veille effectuée par les érudits. Il rappelle également le statut particulier des œuvres d’art, protégées par l’inaliénabilité et l’imprescriptibilité, et l’intérêt du récolement décennal effectué par les musées. La première phase de fermeture du Musée barrois, décidée ces dernières semaines, lui sera consacrée : une meilleure connaissance des collections et, par conséquent, des manques rendra certainement possible de nouvelles découvertes de ce type dans les années à venir.