20 juillet 2026
Le Département de la Meuse veut accélérer la modernisation de son réseau routier. Avec une enveloppe de 15,8 millions d’euros consacrée aux routes en 2026, soit trois millions de plus qu’en 2025, le conseil départemental affiche clairement ses ambitions : renforcer l’attractivité du territoire tout en soutenant l’économie locale et la transition écologique.
Pour le président du Département, Jérôme Dumont, le réseau routier demeure un levier essentiel de développement. « On va mettre le paquet », assure-t-il, alors que les investissements globaux de la collectivité atteindront 35 millions d’euros en 2026, contre 32,5 millions l’année précédente.
Des ponts rénovés et de nouveaux aménagements
Parmi les priorités figure la rénovation des ouvrages d’art. Une enveloppe de 5,5 millions d’euros sera consacrée à plusieurs ponts du département, à la suite d’un audit réalisé en 2021. « On a déjà fait les plus urgents », souligne Jérôme Dumont.
Autre chantier important : la création d’un parking nord à la gare Meuse TGV. Le projet prévoit 200 nouvelles places de stationnement, des bornes de recharge électrique, des ombrières photovoltaïques ainsi qu’un aménagement paysager, pour un coût total estimé à 1,8 million d’euros.
Dans le secteur de Bure, en lien avec le projet Cigéo d’enfouissement des déchets nucléaires, plus de 2,3 millions d’euros seront investis pour restructurer plusieurs chaussées. Une opération financée à 80 % par le GIP Objectif Meuse. À cela s’ajoutent 679 000 euros destinés aux routes situées hors des itinéraires directement liés au projet.
Après un hiver particulièrement dégradant pour les chaussées, le Département consacrera également 6,5 millions d’euros à la réfection des couches de roulement, soit un million supplémentaire par rapport à 2025.
Soutenir les entreprises locales du BTP
Au-delà de la modernisation des infrastructures, ces investissements doivent aussi permettre de soutenir les entreprises locales du bâtiment et des travaux publics.
« Investir 16 millions d’euros, c’est pour nos entreprises du BTP qui souffrent. On sait que la commande publique a tendance à réduire », explique Jérôme Dumont.
Le Département entend ainsi maintenir un niveau élevé d’investissement « jusqu’à la fin du mandat »
Une stratégie tournée vers la transition écologique
Depuis plusieurs années, la Meuse mise également sur la décarbonation de ses infrastructures et de ses services.
En 2024, elle est devenue la première collectivité du Grand Est à convertir progressivement sa flotte de véhicules au biocarburant HVO, un carburant renouvelable permettant de réduire jusqu’à 90 % des émissions de gaz à effet de serre par rapport au gazole classique.
Le Département a aussi acquis un recycleur à enrobé mobile. Cette machine permet de recycler les matériaux issus des chaussées rabotées afin de produire un nouvel enrobé réutilisable, limitant ainsi les déchets et l’achat de matières premières.
La biodiversité fait également partie des priorités départementales. Installation de nichoirs pour oiseaux et chauves-souris, aménagements favorisant la circulation des espèces, gestion des espaces verts : plusieurs actions accompagnent les projets routiers. Le « plan arbres » prévoit notamment la plantation de 30 000 arbres le long du réseau routier départemental d’ici 2030.
300 agents mobilisés sur le terrain
Le réseau routier meusien représente plus de 3 500 kilomètres de routes et près de 1 000 ouvrages d’art. Pour assurer leur entretien et leur développement, environ 300 agents sont répartis dans 16 centres d’exploitation dépendant des agences départementales de Bar-le-Duc, Verdun, Stenay et Commercy.
Les métiers ont fortement évolué ces dernières années. Si la viabilité hivernale reste importante, elle ne représente désormais qu’environ 15 % de l’activité. Les équipes interviennent aussi pour sécuriser les routes, entretenir les bas-côtés, aménager des aires de covoiturage ou encore planter des arbres.
Le Département continue par ailleurs de recruter tout au long de l’année, sans obligation de concours pour certains postes : agents d’exploitation, techniciens, mécaniciens ou encore gestionnaires administratifs.
Enfin, Jérôme Dumont appelle les automobilistes à la prudence et au respect des agents travaillant au bord des routes : « Ils ne sont pas là pour ramasser les déchets des automobilistes », rappelle-t-il.
