La bronchopneumopathie chronique obstructive, plus connue sous l’acronyme BPCO, est une maladie respiratoire chronique encore trop souvent méconnue, alors qu’elle touche entre 5 et 10 % des personnes de plus de 45 ans en France. Évolutive et invalidante, elle se caractérise par des symptômes respiratoires persistants – toux chronique, crachats quotidiens, essoufflement progressif – associés à une obstruction durable des voies aériennes.
Dans de nombreux cas, la BPCO débute par une bronchite chronique, définie par une toux et des expectorations présentes au moins trois mois par an pendant deux années consécutives. Avec le temps, les bronches s’épaississent, produisent davantage de mucus, les petites voies respiratoires se déforment, perdent leur élasticité, et les alvéoles pulmonaires peuvent être détruites : c’est l’emphysème, qui réduit fortement la capacité respiratoire.
Dans plus de 80 % des cas, la BPCO est directement liée au tabagisme. Plus la consommation est ancienne et importante, plus le risque augmente. L’arrêt du tabac reste toutefois bénéfique à tous les stades de la maladie, permettant de ralentir son évolution. La consommation de cannabis constitue également un facteur aggravant.
La BPCO peut aussi être d’origine professionnelle. Environ 15 % des cas sont liés à l’exposition prolongée à des substances toxiques ou irritantes : poussières minérales (charbon, silice), particules organiques, gaz, fumées ou vapeurs chimiques. Les secteurs les plus exposés sont notamment le bâtiment, l’agriculture, l’élevage, l’industrie minière, la sidérurgie ou le textile.
Lorsque le lien avec l’activité professionnelle est reconnu, la maladie peut être prise en charge au titre des maladies professionnelles, ouvrant droit à une meilleure indemnisation et un suivi adapté. D’autres facteurs peuvent favoriser ou aggraver la BPCO : pollution atmosphérique, pollution intérieure liée au chauffage au bois ou au charbon, antécédents de maladies pulmonaires dans l’enfance, ou encore une prédisposition génétique. Plus rarement, une maladie héréditaire comme le déficit en alpha-1 antitrypsine peut être en cause.
La BPCO représente un lourd fardeau pour le système de santé. Chaque année, entre 100 000 et 160 000 hospitalisations sont liées à des aggravations de la maladie. Entre 2000 et 2014, ces hospitalisations ont fortement augmenté, en particulier chez les femmes de moins de 65 ans, reflet de l’évolution des comportements tabagiques. En 2017, la BPCO était responsable d’environ 17 000 décès en France.
Maladie longtemps silencieuse, la BPCO souligne l’importance du dépistage précoce, de la prévention du tabagisme, de la protection sur les lieux de travail et d’une meilleure information du grand public. Car si elle ne se guérit pas, la BPCO peut être ralentie et mieux vécue lorsqu’elle est prise en charge à temps.
Illustration: Santé réspiratoire France.
